Bagne de Guyane histoire p2

Histoire du Bagne de Guyane

 

Avec la collaboration de J.P. Baucheron - Josette GL - Marielle Thouvenin - Paul Jadin - Sylvain Sankalé - Philippe P.L. de Ladebat - Gilbert et Marcel Gonthier – Michel Moracchini – Denis Vuillaume - Paul Jadin

 
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Jusqu'alors, seul les établissements situés en France recevaient les bagnards il s'agissait de Toulon, Brest, Rochefort, Lorient, Le Havre et Cherbourg. Enchaînés par deux les forçats sont vêtus, afin d'être facilement reconnu en cas d'évasion, d'une vareuse rouge, et d'un bonnet vert pour les condamnés aux travaux forcés à perpétuité, et un bonnet rouge pour les condamnés à temps. Jusqu'en 1830 les condamnés à perpétuité reçoivent un marquage TP au fer rouge sur l'épaule. La peine des travaux forcés, commençait par ce qu'on appelle la grande fatigue, toujours enchaînés, les condamnés sont employés au transport du bois, des pierres, curage des bassins, aux travaux de terrassement, de construction, et au sciage de long, pendant trois années au moins. Par la suite si le condamné faisait preuve de bonne conduite il pouvait prétendre à l'exécution de travaux moins pénibles: travaux bureaucratiques, comptables, cuisiniers, cantiniers, jardiniers, peintres, tailleurs, balayeurs etc...  Les emplois les plus recherchés sont les travaux dans les hôpitaux. C'est la petite fatigue.

Bien que la réglementation ne prévoit pas de rémunération, certains, reçoivent une gratification qui ne peut dépasser le sixième de celui d'un ouvrier libre.

En 1822 à Toulon et 1829 dans les autres bagnes, les condamnés à temps, reçoivent un pécule qui ne leur est distribué qu'au moment de leur libération. A cela peut s'ajouter le fruit de la vente des objets confectionnés par eux pendant les rares heures de repos.

Vols, faux en écritures, escroqueries, désertions, ces délits envoient les condamnés aux travaux forcés. Les crimes de sang aussi, pour les condamnés qui avaient la chance d'échapper à la peine de mort.

Le 22 novembre 1850, le prince Louis Napoléon proclame : " 6000 condamnés dans nos bagnes grèvent les budgets d'une charge énorme, se dépravant de plus en plus, et menaçant incessamment la société. Il me semble possible de rendre la peine des travaux forcés plus efficace, plus moralisatrice, moins dispendieuse, et plus humaine en l'utilisant au progrès de la colonisation française ".

Prétextant la ruine de la Guyane, le gouvernement français prend la décision, en 1851, de transformer cette possession en un vaste pénitencier. Dans un rapport du 20 février 1852, Ducos, ministre de la Marine et des Colonies, indique les motifs qui incitent le gouvernement à tenter une autre colonisation fondée sur le bagne, qui débarrasserait la France d'une "vraie lèpre sociale qui entretenait les traditions de l'école du crime dans les bas-fonds de la population".

La révolution avait ouvert la voie, et dés 1852 il fut décidé d'expatrier les bagnards qui regorgent dans les établissements français.

La frégate l'Allier, quitte Brest le 31 mars. A son bord, deux cent quatre-vingt-dix-huit condamnés qui proviennent des bagnes de Brest et Rochefort, et trois déportés politiques.

Les départs pour le bagne de Guyane se faisaient à Brest, puis Toulon. Sous la troisième république, les départs se font à partir de St Martin de Ré. Le voyage dure environ trois semaines, plus si le bateau embarquait des condamnés à Alger.

Après avoir séjourné à l'îlet la Mère et à l'île Saint Joseph, les déportés politiques sont dirigés vers l'île du Diable. Les condamnés de droit commun, sont dispersés en plusieurs autres lieux, l'île Royale qui héberge ceux considérés comme les plus dangereux, et à Cayenne sur des pontons au large de la ville.

La déportation de 1852 concerne autant les condamnés de droit commun que les déportés politiques.

Logés dans des locaux de fortune, devant l'affluence des arrivées, les condamnés sont progressivement transférés des îles sur la terre ferme, à Remire Montjoly, localité située à quelques kilomètres de Cayenne.

Au mois de décembre, 1852, environs 2200 condamnés ont rejoint la Guyane. Les installations de Remire devenues trop exiguës il fallut évacuer les bâtiments. C'est à la montagne d'argent que les bagnards trouvent accueil. Ils sont employés au travail dans les plantations de caféiers.

Les maladies et le manque d'hygiène font d'énormes ravages parmi les condamnés.

L'année suivante, 300 condamnés sont débarqués au pied de la Montagne d'Argent, 195 y trouvent la mort peu après leur arrivée.

La faute est attribuée au Gouverneur Sarda Garriga qui, dit-on, n'avait pas pris de bonnes dispositions d'accueil, mais aussi par l'épidémie de fièvre jaune qui décime les condamnés et les surveillants.

L'amiral Fourrichon le remplace le 31 janvier 1854, et fonde à St Georges un nouvel établissement où les condamnés participent à la création de la ville. Deux tiers des effectifs y trouvent également la mort. Fourrichon au contraire de son prédécesseur fait appliquer les châtiments corporels en usage dans les bagnes de France. Le climat, les mauvais traitements ont raison de la santé de ces hommes. Parmi ceux qui échappent à la mort, certains ont recours au suicide pour échapper au terrible châtiment qui leur était infligé. Le camp de St Georges est évacué en 1856.

En six mois de juillet à novembre 1854 d'autres établissements sont crées, Ste Marie, St Augustin, et St Philippe sur la rivière la Comté.

L'île du Diable

Le 30 mars 1854, est votée la loi qui définit la transportation des condamnés aux travaux forcés hors de France, et qui Institue en outre le doublage. Cette loi entérinait enfin la pratique de la déportation mise en place depuis 1852.

En 1856 le pénitencier de Kourou ouvre ses portes, Avec ses annexes, Guatémala, Léandre, Passoura, Pariacabo, et Trois carbets.

Le cinquième gouverneur de la Guyane en cinq ans, l'Amiral Baudin préconise la création du pénitencier à St Laurent, et le 21 février 1858 est inauguré ce nouvel établissement

Un Décret de 1880 a érigé cette localité en commune pénitentiaire. Les citoyens libres n'avaient pas droit de vote pour élire les administrateurs de la ville. Celle ci était dirigée par une commission municipale composée de personnalités appartenant à l'administration pénitentiaire et du commandant supérieur du Maroni.

 

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